“À écrire, à poser quelques mots qui affirment et vieillissent, il me semble que je ne sais jamais ce vers quoi je me tourne. Et que c’est bien ainsi. J’écris pour trouver, parfois pour lutter, m’endurcir peut-être ou me livrer. Pour avancer un peu plus, vers le fond de ma chair, ressentir, éprouver. Rarement pour comprendre. J’écris pour accepter la blessure et pouvoir inventer d’autres silences et ainsi te garder, vous garder, dans mon creux, pour toujours. Je croyais qu’il fallait n’écrire que ce qu'on était sûr d'ignorer. L'inconnu, l'incertain. Et je croyais qu’on ne pouvait écrire – comme aimer – qu’à tout donner, clés, entrées, secrets, et qu’à dire à son cœur, de ne rien garder pour lui. De ne pas compter, surtout, pas compter. Mais pourquoi faut-il que parfois les mots – comme l'amour – ne se posent qu'à côté ? Toujours à côté. Rien n'y fait.”
